4 conseils pour choisir les appareils auditifs de votre parent malentendant

La baisse de l’audition avec l’âge est un phénomène normal. Cette surdité s’appelle la presbyacousie. Elle gêne une personne sur quatre à 60 ans et six sur dix à 80 ans.

Avez-vous remarqué que votre parent entend moins bien ?

Il ne suit plus les conversations. La radio braille. Il parle trop fort et se fait remarquer partout. C’est très gênant, n’est-ce pas ?

J’ai connu cela avec mon père qui a été sourd assez jeune vers 50 ans. Il fallait crier au lieu de parler. Raccourcir, simplifier le message. Dire les informations à ma mère pour qu’elle les lui transmette. Mais ça ne marchait pas !

Toute communication était un effort pour moi pour qui suis plutôt bavarde. Aucune spontanéité, pas de sous-entendu, pas de blague possible.

Or bien entendre est la clé d’une bonne communication. C’est la condition pour rester inséré dans la famille et la société…

Bien sûr, il existe des adaptions à envisager pour faciliter la vie de votre parent malentendant et de son entourage dans un premier temps.

Malheureusement, l’âge et la surdité avançant, ces mesures sont insuffisantes. Alors que pouvez-vous faire si parler devient pénible voire source de conflit ?

Il faut envisager des appareils auditifs. Ils vont vraiment améliorer la situation.

Inutile d’attendre :

Plus votre parent vieillit, moins il est dans l’action, plus il faut maintenir ses possibilités relationnelles : l’université tout âge, le téléphone, les sorties entre amis….

Sachez aussi que plus le sourd est jeune et moins l’oreille est détériorée, plus l’appareillage sera facile. Au contraire, si vous attendez,  il sera plus difficile d’adapter une audioprothèse. Cela devient  une mission impossible en cas de maladie d’Alzheimer.

Vous pensez que votre parent a besoin d’appareils auditifs ? Alors c’est parti !

Je vais vous montrer comment :

  • Convaincre votre parent d’adopter des prothèses auditives.
  • Faire le tour des audioprothésistes pour choisir les appareils auditifs adaptés.
  • S’adapter à l’appareillage.

Etape n° 1 : Comment convaincre votre parent d’utiliser des prothèses auditives

Répondre aux préjugés et idées fausses est la première étape.

Pourquoi ?

J’ai moi-même discuté longtemps avec mon père pour qu’il accepte les appareils. Il craignait en effet que les appareils rendent les oreilles plus paresseuses, qu’ils aggravent la surdité. C’est bien-sûr une idée complètement fausse.

L’appareil auditif ne favorise pas l’aggravation de la surdité. Par contre, La  presbyacousie (surdité liée à l’âge) s’aggrave en vieillissant. Dites à votre parent qu’il a tout intérêt à agir rapidement.

La deuxième objection des personnes sourdes est que « que ça fait vieux ».

Comme si on n’avait pas remarqué qu’ils étaient vieux !

Les appareils auditifs sont perçus comme des stigmates de la vieillesse, un peu comme la canne. Alors que personne ne refuse de mettre des lunettes !

Vous pouvez rétorquer que ce qui fait vieux n’est pas de porter des prothèses auditives mais plutôt de faire répéter les gens ou de répondre à côté de la question.

D’ailleurs, il y a des jeunes qui portent des prothèses auditives :

Sophie Vouzelaud jeune et sourde qui porte des appareils auditifs
Sophie Vouzelaud est sourde. Cela ne l’a pas empêchée d’être 1ère Dauphine au concours de miss France en 2007. Conclusion on peut être sourd, jeune et beau !

Mais cela ne s’arrête pas là :

Votre père va sûrement vous citer toutes les personnes de son entourage insatisfaites par leur appareillage.

Vous pouvez lui répondre qu’il existe une multitude de personnes tellement bien appareillées que tout le monde ignore qu’elles sont sourdes. Et elles-mêmes ont oublié leur handicap !

Ronald Reagan était sourd et portait des prothèses auditives.
Saviez-vous que Ronald Reagan était malentendant et appareillé ?

Le dernier problème concerne le coût des audioprothèses. Mais il sera plus facile à surmonter si le sourd est convaincu de leur intérêt et place cet achat dans ses priorités. De plus, il existe des aides que je détaillerai ci-dessous.

Voici les principales objections que vous rencontrerez. Je suis sûre qu’en utilisant les arguments que je vous ai donnés, vous arriverez à le décider.

Etape n°2 : choisir son audioprothésiste.

Un audioprothésiste est spécialisé dans la vente et le suivi des appareillages auditifs.

Votre parent va le voir régulièrement. Il est donc important de choisir un professionnel proche de son domicile avec lequel il soit parfaitement à l’aise.

Il va analyser les difficultés auditives spécifiques de la personne et ses attentes. Il proposera un appareillage adapté en tenant compte du budget. Ensuite, il va accompagner l’adaptation ce qui va nécessiter probablement plusieurs séances de réglage.

Bien sûr vous pouvez demander des recommandations à votre médecin et à vos proches pour en choisir un.

Mais surtout, n’hésitez-pas à faire le tour des professionnels. Car il faut un audioprothésiste sympa et que le courant passe !

Comment savoir s’il est bon ?

Vous allez pouvoir le tester au moment du choix de l’appareil.

Etape n°3 : choisir l’appareil auditif.

L’audioprothésiste va discuter avec le sourd pour déterminer ses priorités : conditions d’utilisation, confort, esthétisme, budget. Il va également tenir compte de la sévérité de la surdité.

L’appareil auditif permet un traitement informatique du signal sonore. Grâce à la miniaturisation des technologies les appareils auditifs sont plus petits et meilleurs.

Nous connaissons les caractéristiques de l’oreille sourde : la perception des sons aigus est plus touchée que les graves. Il existe une intolérance aux bruits forts et une difficulté à discriminer les sons en ambiance bruyante.

Là est la magie des appareils auditifs !

  • L’appareil permet un transfert des sons aigus vers les sons graves mieux perçus.
  • Il coupe les bruits trop forts.
  • Il va reconnaître les voix et supprimer les bruits de fond.

Il y a même des options :

  • Pour les séniors connectés, les réglages peuvent se faire par l’intermédiaire du smartphone.
  • Une option permet de recevoir directement le son de la télévision ou du téléphone dans l’audioprothèse.
  • Pour mieux suivre les conversations à table, il existe aussi un  micro directionnel.

Faut-il choisir un appareil intra-canalaire (que l’on met dans le conduit de l’oreille) ou un contour d’oreille ?

L’intra canalaire est le plus petit et discret. C’est important si le caractère esthétique est le premier critère. Par contre, il y a moins d’informatique. Il est donc mieux adapté aux petites baisses de l’audition. La coque doit être parfaitement moulée sur le conduit. Donc l’adaptation au conduit sera plus délicate.

Une paire d'appareils auditifs intra-canalaires pour personne âgées malentendantes.
Une paire de prothèses auditives intra-canalaires

Les contours d’oreilles  sont un peu plus volumineux. Il y a plus d’informatique embarquée. Cela est parfait pour les surdités plus importantes.

Un appareil auditif contour d'oreille pour personne sourde.
Une prothèse auditive « contour d’oreille »

 Mini contour d’oreille : la partie externe est peu plus petite que dans l’appareil précédent. L’embout est plus petit donc plus facile à adapter au conduit auditif et confortable.

Cet appareil auditif est appelé minicontour d'oreille.
Une prothèse auditive dite minicontour d’oreille

L’inconvénient de tous ces appareils est leur coût : de 800 à 2500 euros environ. Le prix moyen est 1500 euros. Ce coût élevé est expliqué par la haute technologie.

Mais vous avez accès à des aides :

Il faut comparer les prix des différents appareils proposés par les audioprothésistes et faire jouer la concurrence.

Point important : il est préférable d’avoir 2 appareils.

C’est exactement pareil que votre chaine Hi-Fi. 2 appareils permettent d’avoir un champ sonore plus vaste et en stéréo. Ce qui veut dire que cela permet de localiser plus facilement la source sonore :

Cela permet de faciliter la séparation des sons dans une ambiance bruyante. La voix se détachera mieux et la compréhension sera meilleure.

Les deux oreilles pourront déterminer d’où vient le bruit et qu’elle est sa distance. Dans la rue, ce sera plus facile d’éviter la voiture !

Mais si le coût de deux appareils est trop important,  il vaut mieux avoir une oreille bien appareillée que aucune.

Par contre, je vous déconseille les amplificateurs auditifs vendus dans les pharmacies. Ils sont beaucoup moins chers mais surtout beaucoup plus simples techniquement et donc très insuffisants.

Discutez avec votre audioprothésiste :

Surtout demandez à faire des essais avec des appareils de prêt pendant deux ou trois semaines. C’est une pratique toute à fait normal et prévue par la réglementation. Ainsi le choix sera plus serein !

Etape n°4 : L’adaptation à l’appareil.

Vous pouvez vous félicitez. Votre parent a maintenant un nouvel appareil.

Mais il reste une chose très importante :

Il faut faire en sorte qu’il l’utilise. Ne vous étonnez pas si la personne agée ne l’utilise pas directement. L’adaptation est plus difficile que celle d’une paire de lunettes.

Les conseils et le suivi par l’audioprothésiste seront alors essentiels.

Il est tout à fait normal de devoir retourner chez l’audioprothésiste parce que l’embout  fait mal ou chatouille, le son est trop fort ou pas assez. Les réglages vont être affinés pour s’adapter au mieux au patient.

L’appareillage modifie tous les sons un peu comme une paire de lunettes de soleil modifie toutes les couleurs. Donc il faut apprivoiser l’appareil, s’habituer à ce nouvel univers sonore.

L’appareil sera plus performant dans une ambiance calme que dans une brasserie ou une gare. Certains bruits sont parfois perçus désagréablement en particulier les bruits métalliques.

Stimulez votre senior à porter la prothèse auditive en permanence. Il faudra cependant d’éviter au départ les ambiances très bruyantes type cocktail ou rues animées.

Les ambiances bruyantes dérangent les personnes qui portent des appareils auditifs depuis peu.
Ne pas amener papy à la fête foraine avec son nouvel appareil !

Si votre parent est convaincu qu’il a besoin d’un appareil, qu’il a un peu de patience et de souplesse intellectuelle pour accepter le changement, il sera ravi de son appareillage.

Conclusion

Vous ne serez pas déçu. Généralement, le résultat est spectaculaire.

Avec ses appareils, le sourd va réentendre des bruits qu’il n’entendait plus : la pluie sur les feuilles, le pépiement des oiseaux dans les arbres, les gazouillis de sa descendance… tous les petits bruits du bonheur !

Mais pour que l’opération réussisse, il est important de choisir un bon audioprothésiste et de tester plusieurs prothèses auditives pour choisir le plus adapté.

Bien appareillée, la personne malentendante finira par oublier son handicap et ses appareils. Une nouvelle vie commencera pour lui. Pour vous et votre famille une nouvelle vie recommence aussi.

La communication va reprendre normalement, facilement et toute la vie familiale en sera transformée.

Et je suis convaincue que vous pourrez tous en bénéficier !

2 commentaires

  1. Sophie a dit:

    Bravo, j’ai appris des choses !

    2 février 2016
  2. Alix Hoang a dit:

    Bravo. Voici un article, clair, pratique et très convaincant. C’est vrai que socialement et psychologiquement la perte d’audition est dévalorisante, beaucoup plus que celle de l’acuité visuelle. Il y aurait à faire pour changer la perception du public à cet égard !

    24 février 2016

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