Pourquoi ce blog ? 

Bien occupée par mon travail, j’ai une famille avec trois grands enfants qui s’installent progressivement dans leur vie. Tout va bien pour eux. Tout va bien pour moi donc ?

A moi la liberté, le temps libre que j’attendais depuis 30 ans !

Ce n’est pas tout à fait cela : mes seniors ont commencé à occuper le terrain. Progressivement en 10 ans, ils sont passés du statut de grands-parents autonomes et dynamiques en parents dépendants.

Ça vous rappelle quelque chose cette histoire ?

Peut-être avez-vous aussi des parents âgés ? Alors vous connaissez déjà quelques problèmes :

Que faire pour les aider à rester actifs, socialement insérés et autonomes ? Comment leur insuffler de l’énergie, du désir de vivre ?

C’est ainsi que tout a débuté pour moi aussi. Je vais vous dire comment j’en suis venue à écrire ce blog parlant de la relation entre enfants et parents dépendants.

Les parents vieillissent

Ils étaient encore là tous les quatre il y a dix ans. Les deux messieurs sont partis les premiers :

mon père Chan a tiré sa révérence à 80 ans de façon inattendue alors qu’il partait en vélo chercher du matériel de bricolage à Castorama.

Mon beau-père Henri s’est éteint à 93 ans. Il avait  une paralysie du bras droit et de grosses difficultés à parler depuis l’âge de 50 ans suite à une hémorragie cérébrale. Il avait su garder malgré cela toute son énergie vitale et sa joie de vivre.

Donc il reste Anna, 92 ans, ma belle-mère qui est dans une maison de retraite et Emilie, 86 ans, ma mère toujours chez elle.

Petit à petit, elles sont devenues vieilles. Petit à petit, elles ont perdu leur autonomie.

Au début, pour Emilie, c’était  juste comme une lassitude : plus difficile de prendre la voiture, d’aller chez Darty :

« Viens avec moi ce sera plus facile pour se garer ! »

Ensuite des hésitations, des incertitudes :

« Que vais-je prendre dans ma valise pour partir? »

Puis sont arrivées les lenteurs d’organisation :

« Mes petits-enfants arrivent demain et je n’ai rien à manger »

Les difficultés à trier, les prospectus ou les idées, l’impression d’un ralentissement progressif.

Tout cela n’était qu’un vieillissement normal mais je trouvais déjà que notre relation s’était modifiée.

Puis Alzheimer est arrivé bousculant tout sur son passage. J’ai alors eu l’impression qu’Emilie était redevenue  une toute petite fille…

La dépendance s’installe insidieusement

J’ai acheté un agenda. J’ai conduit ma mère partout : à la piscine, à l’université tout âge, chez le kiné, au cinéma… J’ai organisé les aides. J’ai fait  les comptes et la déclaration d’impôts…

J’exagère un peu, je n’étais pas toute seule. C’est toute la famille qui s’y est mise !

Mais surtout, il a fallu que je réfléchisse sur ma relation avec ma mère, sur la place qu’elle prenait dans ma vie. Finalement, qu’est-ce que ça a changé pour moi ?

Il a fallu que je m’adapte. Que j’apprenne à vivre avec ma mère qui vieillit.

Apprendre à s’occuper de ses parents

J’avais déjà quelques idées sur le vieillissement et la perte d’autonomie en tant que médecin. Vous aviez sans doute aussi vos idées aussi sur le sujet en observant vos amis qui vivaient la même expérience non ?

Mais c’est une autre dimension  de partager cette expérience quotidienne avec ses parents. C’est perturbant, fatigant, mangeur de temps.

Toutefois, cela devient enrichissant  si on y ajoute de l’affection, de la réflexion. C’est ce que j’appelle donner du sens à cette nouvelle relation parents-enfants.

Chacun y sera confronté tôt ou tard même s’il n’y a pas de maladie d’Alzheimer. Les processus du vieillissement diminuent les performances physiques, psychologiques et intellectuelles.

La vulnérabilité des seniors doit être précocement comprise par l’entourage pour permettre l’adaptation progressive de la relation.

Le bonheur des parents mais aussi des enfants repose sur l’aide inter-générationnelle :

Aidons nos chers parents à rester heureux et autonomes le plus longtemps possible. Cela nous rendra nous-même heureux et en paix, prêts à accepter leur départ et à aborder sereinement notre propre vieillissement.

Je souhaite partager les émotions et les apprentissages de cette relation particulière entre les ex-enfants devenus en quelque sorte parents de leurs propres parents.

Je voudrais vous montrer tout ce qu’on peut faire pour favoriser l’épanouissement des seniors et retarder la dépendance.

Au passage montrons la voie à nos enfants qui nous observent.

4 commentaires

  1. Bérénice a dit:

    Très intéressant, on a envie d’en savoir plus !

    27 décembre 2015
  2. Rose a dit:

    Quelle bonne idée ! Lors d’une discussion entre amis quinquagénaires, nous avons fait le constat que nous étions tous aux prises avec un ou plusieurs parents vieillissants qu’il fallait accompagner. Nous échangions tous sur notre désarroi, nos ressentis et nos tâtonnements, nos difficultés.
    Pas facile. On n’avait pas prévu. OUI, intellectuellement on savait. On connait les statistiques, le nombre croissant de personnes atteintes de maladies neuro dégénératives, et en pertes d’autonomie, l’importance des aidants… Mais il n’empêche, cela nous « tombe dessus », insidieusement. Et nous voilà en charge de ceux que l’on a toujours connus si forts. Inversion des rôles. Il nous manque alors souvent les repères pour comprendre, connaître les bonnes pratiques au quotidien à mettre en place, éviter les erreurs, s’ajuster pour trouver le ton juste.
    Alors oui ! Je suis preneuse de conseils. Oui j’ai envie de mieux comprendre les processus et les signes du vieillissement, oui pour des échanges et des bonnes idées !

    4 janvier 2016
  3. Louis a dit:

    Voila un sujet qui nous concerne(ra) tous un jour, d’un côté et de l’autre de la barrière. Il nous faut savoir rester lucides sur le coté irrémédiable de la dépendance qui s’installe un jour, mais aussi et surtout savoir garder notre optimisme pour aller de l’avant !
    Au plaisir de lire vos prochains articles sur ce blog.

    10 janvier 2016
  4. daniele a dit:

    Cette histoire personnelle au service de chacun d’entre nous est la bien venue :
    Dans tous les domaines de la vie , les difficultés restent abstraites jusqu’au jour où elles nous rattrapent !
    La revue de toutes les faces de ce sujet médical et humain est attendue , comme ce premier thème précis et didactique .
    et aussi en prenant en compte ce qui peut ajouter au désarroi : l’éloignement géographique …..

    alors à bientôt pour le prochain article ,

    15 janvier 2016

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